L'écho d'enfer en films fixes

Sur ebay, 9 bobines de cette aventure de Frripounet et Marisette sont en vente au prix de 25 euros. D’après les informations de Jean-Michel (voir : bdtroc.fr/films/index.php?cat=F), il en manque une : la dernière qui a le numéro 6810 (on voit sur le scan que les boîtes vont de 6801 à 6809).


Sur Ebay il y aussi une annonce " 122 films fixes 35 mm Education et autres" pour 29€
http://www.ebay.fr/itm/122-films-fixes-35-mm-Education-et-autres-/351923718956?hash=item51f049cb2c:g:xX0AAOSwiDFYLbuE
Et dans les 122, il y a les 10 boites de “L’écho d’enfer”… Maintenant dans quels états?

J’ai acheté ce lot, il y a donc les dix bobines de “L’écho d’enfer”, en état correct semble-t-il. Mais aussi 10 bobines de “A la poursuite de l’étoile noire”, une aventure de Frédéri le gardian. Et quelques bobines (seulement 3) de “La fausse barbe de Pat’Apouf” (le héros du “Pèlerin”). Plus quelques autres “BD” que je n’ai pas encore vraiment regardées, le reste étant soit éducatif, soit catéchétique. Vu le prix, ce n’était pas une mauvaise affaire…

Effectivement vu le prix, c’est un bon choix !
De mon côté, j’ai acheté récemment les 10 bobines de films des “Aventures extraordinaires de Robinson Crusoé” qui sont numérotés de 611 à 620. Réalisées par Cuvillier en couleur, c’est une série différente de celle que Jean-Michel a identifiée dans sa rubrique consacré aux films fixes (bdtroc.fr/films/index.php?cat=A). Pour cette dernière, les n° vont de 6208 à 6217 et l’histoire est en noir et blanc. Je ne les ai pas encore numérisées, ni même regardées. Peut-être est-ce comme pour Sylvain et Sylvette une simple mise en couleur ?
Comme l’opération avec le scanner demande beaucoup de temps, il faudra être patient.

PS : est-ce que Bernardq compte nous présenter ses trouvailles ?

En comparant les premières cases de “L’écho d’enfer” et les premières images du film fixe, je constate :
Le titre de la bobine est “Fripounet spéléologue”.
Un raccourcissement du texte d’introduction.
Des images tronquées pour tenir à deux côte à côte.
Des images supprimées.
Des modifications de texte pour remplacer le texte manquant de l’image supprimée : ainsi l’image 10 du livre dit “déroule-la” et le film fixe dit “déroule la corde” car l’image 9 du livre (“je vais chercher des cordes”) a été supprimée.

Constatations semblables pour “L’étoile noire”.

Je n’ai pas le matériel nécessaire pour scanner de façon satisfaisante. Je vais essayer de mettre en ligne un scan approximatif des premières images… Si j’y arrive…

Film fixe : ce n’est pas très beau, désolé…


J’aurais voulu joindre aussi un scan du début de la BD, à titre de rappel, mais la taille est trop importante. En tout cas, on voit bien sur le film fixe que le mot corde a été rajouté (graphie plus grasse).

Je réessaye avec une définition plus faible.


Bravo et merci pour les images et cette analyse qui “démonte” le processus de réduction et de modification pour passer de la bande dessinée au film fixe. Ce serait intéressant d’appliquer la même démarche pour les “Sylvain et Sylvette” ou les “Perlin et Pinpin”.

Quelques remarques et rappels préliminaires pour les films fixes de Sylvain et Sylvette :

  1. La parution en magazines s’est faite de façon continue (une seule histoire), les films fixes ont repris cette histoire avec un découpage plus ou moins aléatoire, les albums venus ensuite ont débuté “au milieu” de l’histoire (et même au milieu d’un des films fixes).
  2. La reprise des débuts inédits par les Editions du Triomphe s’est accompagnée d’un nouveau lettrage des textes (et d’une recolorisation).
  3. Plus tard, des images des magazines ont été supprimées lors de la parution en albums pour laisser place à une case de texte en introduction et une en conclusion.
  4. Certains passages du début de l’histoire ont été repris par la suite (parfois redessinés, parfois non), en particulier après la mort de Maurice Cuvillier (Au royaume des biches N°31, par exemple). Dans un cas, l’histoire originale a été redessinée par Claude Dubois (Escapade sur la corniche N°61).
  5. Des albums de Claude Dubois et Jean-Louis Pesch ont été coupés pour passer de 20 pages à 16 pages, parfois au détriment d’une bonne compréhension de l’histoire.

Une étude portant seulement sur cela (en notant toutes les variantes) remplirait sans doute un livre complet !

Passons à la comparaison albums et films fixes : je pensais que la mise en page assez sage de Maurice Cuvillier ne nécessiterait pas d’adaptation (une case = une image, sans coupure, sans modifications). Que nenni ! En regardant seulement quelques images (10 pages de l’album Vers les pays de soleil, N°8), j’ai constaté de nombreuses modifications.
Certaines images de l’album prennent deux cases (horizontalement ou verticalement). Trois adaptations sont alors possibles :
a) L’image dans le film est intacte et entière, accompagnée d’une bande noire de chaque côté et se présente alors en hauteur ou en longueur.
b) L’image est purement et simplement coupée.
c) Un mélange des deux : l’image est partiellement coupée, et est accompagnée de deux bandes noires.

Ensuite, et ceci est plus intéressant : toutes les allusions religieuses, aussi anecdotiques fussent-elles, sont supprimées, sans doute pour que les films puissent être projetés dans des milieux laïcs.
Trois exemples :
Sylvette dit “Oh mon Dieu !” et cela devient “Oh là là”.
La mère Norine dit “Dieu vous garde”, cela devient “Bon courage”.
Deux images sont purement et simplement supprimées, celles où Sylvain retrouve un calvaire où les enfants venaient prier avec leur maman. Suppression qui nuit à la compréhension du passage.

Conclusion : l’étude des variantes est également à faire, et il y a du boulot !!!

Vous avez raison, ce travail est à faire. Et il doit s’appuyer sur vos analyses. Mais pour commencer, je préférerais me centrer sur les débuts de Sylvain et Sylvette par Cuvillier (après tout, c’est leur créateur) et étudier (comme j’avais essayé un peu de le faire pour Perlin et Pinpin) les comparaison entre :
1°) - les parutions originales dans “Ames Vaillantes - Coeurs Vaillants édition rurale” de 1941 à 1944
- la sortie en films fixes (couleur ou noir et blanc, il n’y a pas de différences)
2°) - les parutions originales dans “Fripounet et Marisette” de 1949
- la sortie en films fixes
- l’édition en albums qui ne débutent qu’en 1953

PS : pour la datation des films fixes, on ne dispose pas de beaucoup d’informations. Les seules références sont toujours “années 1950”. Mais est-il possible que les premiers films soient sortis un peu avant ?